Un athlète ayant exploré les disciplines de la fonte pour en arriver au Powerlifting

Salut, peux-tu te présenter et nous décrire ton parcours sportifs ? 

Salut, je m'appelle Joe Rossi, j'ai 35 ans et j'habite à  Nice. D'aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours fait du sport et toujours en compétition. Pour moi, il n y a pas de sport sans compétition !

Jeune, je suis passé par un peu tout sans jamais vraiment accrocher très longtemps sur quoi que ce soit. Puis en 2006, après avoir fréquenté assidûment les salles de musculation et avoir participé à une compétition de bodybuilding IFBB en junior, j’ai découvert le Powerlifting. Quelques mois plus tard je gagnais ma 1ère compétition à Levens dans le 06.

Depuis, je suis passé par des compétitions avec équipement, raw, en répétitions. J’ai aussi , moi-même, organisé quelques compétitions. Bref... je n’ai plus cessé de m’entrainer et de concourir. J'oscillais entre la catégorie des moins de 100 kg et celle des moins 110 kg. Les résultats ont récompensé la dureté de mes entraînements.

Des finales Frances gagnées, des records de France et un record du monde au Deadlift. Je suis depuis 2016 athlète de la marque Warrior Gear.

Quelles sont à ce jour tes meilleures performances ?

Je suis essentiellement fier de mon Deadlift, mon squat et mon développé couché n'ont rien de transcendant.

Je squat raw avec une ceinture et des bandes de genoux. A ce jour, mon meilleur squat est de 305 kg pour un poids de corps de 108 kg. Au développé couché, toujours au même poids de corps, j'ai réussi 205 kg raw (sans équipement) et 250 kg avec un maillot spécifique de développé couché.

Enfin le Deadlift ! J’ai plusieurs records personnels en fonction de mon poids de corps : 280 kg à 91 kg,  310 kg à 98 kg et 335 kg à 107 kg de poids de corps.

Deadlift : Speed is King !

Tu performes beaucoup au Deadlift, peux-tu nous conseiller sur un entrainement type dans le but d’augmenter son maxi ?

Déjà, ce qui est sûr, c’est que je ne planifie jamais mon entrainement sur du long terme, pas plus que je ne reste arrêter sur des chiffres, des pourcentages ou autres types d'entraînements trop étudiés. Pour moi, la forme du jour, l'état général du moment (vie professionnelle, personnelle, motivation, objectif...) prime sur un entraînement écrit et calculé à l'avance.

Bien évidemment, je suis une trame générale, je ne m'éparpille pas ou fait les choses au hasard. Donc pour répondre précisément à ta question, ce que conseille avant tout pour le Deadlift, c’est de travailler la vitesse. « Speed is King ! » Pour cela pas besoin d’utiliser une barre lourde, le but de ce genre d’entrainement est la vitesse de déplacement de la barre. Il faut soulever la charge comme si c’etait ton maxi. Exploser et tout donner, à tel point que même avec cette charge "légère", après seulement 5 ou 6 séries de 2 répétitions : on est vidé !

Je propose donc d’alterner des séances lourdes et des séances de speed. Si un jour tu avais prévu du lourd mais c’est un jour sans, il ne faut pas hésiter à faire du speed à la place et vice-versa. Je conseille également une deuxième séance pour le Deadlift ou l'attention sera porté ici sur le renforcement spécifique de la chaine postérieure  (ischios, fessiers, lombaires, para vertébraux et abdominaux) à l'aide d'exercices poly-articulaires tel que Good morning, Reverse hypers, Deadlift aux haltères, banc à lombaires...

Toujours se remettre en question et apprendre

Tu es coach et on voit sur ta page Facebook que tu es un entraineur très apprécié. Quelle est ton approche du coaching ?

Tout d'abord, je voudrais préciser que mon coaching ne se limite pas au Powerlifting. D'ailleurs la majorité de ma clientèle ne se sert même pas de poids et haltères.

Ce qui fait la force de mon coaching réside sur une double face : écouter et apprendre.

Je m'explique. Ecouter, c’est savoir ce que mon client attend de moi et savoir comment répondre à ses attentes en tirant le meilleur de lui ou elle. C’est assez psychologique car il faut s'adapter à la personne que l'on a en face. Un exemple tout simple. Lors de mes coachings Deadlift il m'arrive souvent de ne pas donner le poids de la barre ou même de mentir en annonçant un poids plus léger. Suivant les personnes cela a pour effet de leur ôter le stresse de la charge et la peur d'une barre jamais tenter. A l’inverse d'autres clients ont besoin de savoir le poids car ils puiseront leur force dans le combat qui les oppose à la barre.

Apprendre, c'est continuer malgré les années à rechercher, étudier, analyser pour jamais vivre sur ses acquis ou sur ses certitudes. J’ai 12 ans de compétitions derrière moi, des titres et des records mais dans ma tête je suis débutant comme au 1er jour ! C’est ce qui me permet d'évoluer et de continuer d'apprendre.  

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui veut se lancer dans la force ?

Tout d'abord, se diriger vers un professionnel, un powerlifter. Pas un bodybuilder ou un pseudo coach que l’on trouve dans de nombreuses salles à grosse enseigne. Quand tu veux un steak tu ne vas pas chez le boulanger ! Donc la première chose : trouver un coach de powerlifting.

Ensuite on ne construit pas une maison sur du sable, il va donc falloir construire des bases solides et stables pour pouvoir plus tard être capable d’encaisser les charges lourdes.

Surtout ne pas se presser et ne pas croire que pour être un bon powerlifter tu doives t entraîner lourd toute l’année et à chaque séance !

Une supplémentation et alimentation de base

Quelle est ta stratégie en matière de nutrition et de supplémentation ?

Elle est très basique et simple. Pas de secret miracle, ni de potion magique !

En termes de suppléments je prends des MCT avant l’entrainement, des BCAA pendant et enfin des fruits secs, juste après. Aussi le matin au petit-déjeuner je prends des omégas 3, du magnésium et un complexe multi vitamines. Je prends également de la whey si je ne suis pas chez moi à l'heure d’une collation.

Pour la nutrition, si je cherche à perdre du poids, j'utilise une diète cétogène. D'ailleurs à ce sujet, tes articles sur ce type de diète sont très intéressants et m’ont aidé à affiner mes connaissances en la matière.

Si je ne cherche pas à perdre de poids, je mange sainement 6 jours sur 7. Sainement signifie pour moi, aucun sucre, mais glucides a index glycémique bas, peu de gluten, aucun laitage qui vient de la vache, et autant de protéines végétales qu'animales. Le 7ème jour en revanche, j’oublie tout et je me fais plaisir !

Powerlifter par passion, Bandido pour la vie

Par ailleurs, en plus de ton activité sportive tu es un biker et fais partie d’un moto club de Harley Davidson. Peux-tu nous en dire plus sur ton club et comment tu concilies ces deux passions ?

Avant d'expliquer un peu l’historique de mon club, je me permets de te reprendre sur le mot passion. Le Powerlifting c’est ma passion puis c’est aussi devenu mon métier. Rouler à moto peut-être une passion, tout comme un tas d’autres passions. Mon club, le Bandidos Motorcycle club, n’est pas une passion. Ce n'est pas, à l'instar d'une passion, une activité que l'on découvre, qui nous plait puis que l'on pratique avec plus ou moins d'ardeur. Être membre du Bandidos Motorcycle club, c’est 24 h sur 24, 7 jours sur 7 ! C'est quelque chose qui sommeille en nous depuis toujours et qui se dévoile en son contact. C’est un état d'esprit, une façon de vivre. C’est une différence, une fierté, un engagement envers les autres membres : mes Frères ! Il fallait que j'éclaircisse ce point.

Ce qui permet par la même occasion d'avoir une idée de ce qu’est être Bandidos. Le Bandidos Motorcycle club a été créé au Texas, Corpus Christi très exactement, en mars 1966 par Don Chambers. Le club est arrivé en Europe en 1989 à Marseille (chapitre Mère de l'Europe) et a ensuite essaimé dans toute l'Europe. A ce jour, nous pouvons quasiment traverser chaque pays de l'Europe (Est compris) et y retrouver des Frères (Danemark, Norvège, Finlande, Suède, Allemagne, Hollande, Italie, Serbie, Ukraine, Russie...).

Pour concilier le club et le sport professionnel, je change mes entrainements en fonction du calendrier des compétitions. Lors d'une préparation, mes Frères me permettent de m’entrainer autant que besoin. Je mets le temps ma préparation un peu de côté ma vie de club pour atteindre mes objectifs. C’est aussi ça notre club. Laisser son frère évoluer suivant les périodes de sa vie et lui dégager du temps pour cela.

L'Amour, la Loyauté et le Respect sont les trois mots qui s’entrelacent pour former les valeurs qui nous sont chères. Je n’ai donc aucun mal à associer les deux et je sais aussi que je fais la fierté de mes Frères à chacune de mes performances.

Pour plus d’informations : http://www.bandidosmc.com 

De nombreuses personnes ont des préjugés sur les clubs de motards et les bikers, j’imagine que les premiers contacts avec tes élèves sont particuliers, non ? 

Quoi que tu fasses, qui que tu sois, les gens auront toujours des préjugés, aussi infondés soit-il ! Après, chaque premier contact est diffèrent. Certains ne connaissent pas le milieu des MC, partant de là ils ne peuvent avoir d’avis sur mon appartenance au club. D'autres ne le savent qu'après m'avoir rencontré.

Dans ma salle, il y a des stickers du club, ce qui parfois attise la curiosité de mes clients. Il s’en suit quelques questions auxquelles je prends plaisir de répondre. L’image d'Epinal du biker rustre et à l'hygiène douteuse s'efface très vite pour laisser place à la fraîcheur d'une nouvelle génération soucieuse de son image et pratiquant du sport.

Etant ouverts et accessibles, ils comprennent alors que l'on gagne à être connu. En revanche, pour les hypothétiques clients qui auraient l'esprit trop étriqué pour passer au-delà de leurs préjugés, qu'ils restent chez eux...

Je suis fier de ce que je suis et je le clame haut et fort : je suis bandido et que cela vous plaisent ou pas j’en ai rien à foutre !

"Cut one we all bleed" Citation Bandidos

Tu as déjà entendu parler du Challenge TNT Deadlift j’imagine, penses-tu participer à la prochaine Edition ?

Oui bien-sûr ! Bien que ne l’ayant jamais faite, à la vue du teaser ou du retour des compétiteurs, c’est LA compète de Deadlift en répétitions à faire. Il en ressort un climat hardcore et street. Tu as même réussi à faire traverser l’Atlantique à Pete Rubish !

L’élève doit dépasser le maitre

Quels sont tes objectifs à venir ?

Pour l'instant je suis en pleine préparation pour le King of Deadlift organisé par mon sponsor Warrior Gear. Cela se passera au salon body fitness à Paris le 17 mars.

Après cette compétition je compte me consacrer au coaching de mes élèves compétiteurs. A savoir que j’ai maintenant 3 hommes à plus de 250 kg et 3 femmes à plus de 110 kg au Deadlift. J’ai aussi dans mes élèves 3 titres de Championne de France et 2 records de France. Ma meilleure élève a récemment réussi 140 kg pour 58 kg de poids de corps !

Mon but est de voir un jour un de mes élèves battre un de mes records, là j’aurais réussi mon taf. Au-delà de ça en parallèle, je pratique depuis quelques mois du grappling et du jiu-jistu brésilien au Boxing Squad à Nice. Je suis coaché par Saief Toumi qui est lui-même un très bon compétiteur. Grâce à ses conseils j'évolue relativement vite et je compte me lancer très prochainement dans les compétitions.

Il est évident que mes acquis de powerlifter sont un atout mais ne suffisent pas. Une longue route de travail technique se profile à l'horizon de mon nouveau projet sportif.

As-tu une devise ou une citation qui te tient à cœur ?

Oui, elle se résume en une phrase qui te plaira d'ailleurs ! Warrior en a même fait un t-shirt à mon effigie. "DEADLIFT IS KINGLIFT"

Joe Rossi Facebook